Vendredi 6 janvier 2012
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Ce matin, un(e) collègue s'exclame : quel fayot celui(celle)-là ! Quoi est-ce ? C'est un système vieux comme le monde...ou presque....et qui a fait ses preuves. Et comment ! (suivez mon regard)
Il nous arrive souvent de nous poser des questions : pourquoi, à compétences égales, à postes égaux, certains réussissent mieux que d’autres ?
Leur secret : sens politique et art du compliment bien tourné. Le fayotage est le fait de flatter une personne ayant une position hiérarchique supérieure à la sienne. Est donc fayot celui qui
flatte son chef, et cherche à chaque occasion à se faire bien voir de lui...
Et si ,comme eux, on apprenait à flatter tout en finesse ?

Mais comment s’y prendre pour éviter
d’être la risée des collègues ? Jusqu’où aller pour ne pas agacer celui qu'on flatte et finir totalement décrédibilisé ?
Puis à bien y réfléchir, pas question de se limiter à servir des compliments à tout va. L’art du fayotage est plus subtile.... Il exige finesse et sens de l’à-propos.
Voici quelques idées pour nous aider à maîtriser cet art plus que "séculaire" .
Identifier les cibles les plus intéressantes
La cible la plus proche : le supérieur direct . Normal, l’évolution de notre salaire et de notre carrière sont de son ressort (dans la plupart des cas). Mais il serait
inconscient de se limiter à lui ! Il y a tellement plusieurs possibilités, et la raison en est simple : il s’agit de la cible la plus évidente, mais aussi la plus voyante. Les collègues
auraient vite fait de se moquer nos travaux d’approche… Donc, là, il serait judicieux d'identifier d’autres personnes susceptibles de nous être "utiles".
Ne pas perdre de vue qu’une relation se construit sur le long terme.
Faire du .... fayotage du jour au lendemain, comme ça, c'est louche ! Tâchons d'être un peu stratège : en multipliant les petites attentions tous les jours.... Oui, je
sais, c'est un vrai parcours de combattant, mais regardez les résultats des bons fayots....
Ne pas oublier le chef du chef.
Il pourra se révéler être un allié de taille....Heu, bon, pas toujours évident, et pas franchement encourageant pour certains... Puis un conseil : "Ne jamais donner l’impression de
court-circuiter votre supérieur hiérarchique. met en garde Yves Maire du Poset, président de Pilotermacarrière.com. Si vous devez, par exemple, envoyer des e-mails à ce n+2, mettez toujours le
premier en copie." Ha la combine !
Regardez autour vous, les fayots excellent dans leur art.
Créer les conditions d’un rapprochement
Pour fayoter efficacement, on se doit instaurer une certaine connivence avec notre interlocuteur. Il aime les orchidées ? renseignez-vous sur le BABA des orchidées et amenez la discussion,
mine de rien sur ces merveilles de la nature...C'est un féru du golf ? Surfez sans modération sur leçondegolf.com ...Les exemples sont nombreux...Mais évitons les faux pas, gardons à
l’esprit que l’objectif n’est pas de nous mettre en valeur mais le patron. Inutile, donc, d’étaler nos connaissances dans ses domaines de prédilections. Sachons même rester en retrait à
certains moments. Un équilibre subtil que Charles, responsable des ventes d’une marque de vêtements de luxe, a appris à trouver : "Mon chef est une femme. Je lui donne mon avis sur les
tendances, l’informe des nouveautés. Surtout, je lui laisse croire qu’elle me fait découvrir des choses, même si ce n’est pas tout à fait vrai. Elle a ainsi le sentiment de garder l’ascendant."
Bingo ! Paroles de fayot !
Savoir se rendre indispensable
Une règle : toujours tenir le supérieur informé de l’avancée de notre travail, lui transmettre des e-mails importants en copie… Bref, ne jamais le laisser dans l’ignorance de ce
qu'on fait dans notre coin (que nenni), quitte à frôler l’excès de zèle. Certains y parviennent très bien, pourquoi pas nous ?
N'oublions pas : l’objectif est de nous mettre en valeur et, surtout, de montrer qu'on le considère comme un maillon indispensable de la chaîne (c'est la cas non ? hahahaha) et
de toute façon on ne peut pas se passer de lui (subtile hein !)
Solliciter souvent ses conseils
Bien sûr, en tâchant de ne pas poser de questions trop basiques, histoire de ne pas passer pour un incapable.
En faire un peu trop, tout en conservant un certain discernement.
Evitons donc de le solliciter si on sent qu'il est débordé.
S’adapter au rythme de son chef.
Il arrive tôt le matin ? Un fayot patenté sait repérer les moments les plus propices. Il vient un peu plus tôt et profite de cet instant pour lui redire combien le projet qu’il pilote est
intéressant et bla bla bla bla bla....
Guetter chaque occasion de se distinguer
Le chef demande en réunion qui veut prendre en charge un projet ultrasensible. Les collègues détournent le regard. Que ferait le fayot dans cette situation à votre avis ? Ben oui, il
lèvera son (gros) doigt et se désignera lui-même. La preuve : "Lors d’un appel d’offres pour lequel nous ne partions pas favoris, j’ai accepté de travailler une semaine sans compter, raconte
Matthieu, directeur artistique dans une agence de publicité. Nous l’avons finalement remporté. Mon dévouement s’est révélé payant puisque ma supérieure m’a confié des budgets plus
importants." Paroles de fayot !
Adopter la posture du second plein de ressources.
Cela implique de saisir les occasions de valoriser le travail du chef.
Lors d’une réunion, il s’approprie la réussite de l’un des projets du fayot ? (sur lequel il a passé la majeur partie de son temps ) , le fayot l'applaudit avec les autres.
Trouver les arguments qui font mouche
La stratégie ne sera pas la même avec un patron extraverti et un chef plutôt réservé. Le premier appréciera que l'on vienne chaque matin dans son bureau échanger quelques mots avec
lui....Avec le second, vaut mieux agir différemment et attendre avant de lui sauter dessus dès qu'il sort de sa réunion....Prudence ! Inutile de l'effaroucher.
Evaluer le degré de sensibilité à la flatterie de la cible.
Si elle a tendance à se replier sur elle-même dès qu’elle voit poindre un compliment, c'est dire que les tentatives de séduction la mettront mal à l’aise et pourraient même se
révéler contre-productives. Et franchement, ce n'est pas le but de la manoeuvre du fayot.
Alors, prêts à entrer dans le club des fayots de service ? Pour ma part, m'en sens pas capable, il y en a par contre qui excelle dans le domaine. Suivez mon regard.
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